Histoire

En 1604, un groupe de colons français s’établissent à l’Île Sainte-Croix située à la frontière actuelle du Maine et du Nouveau-Brunswick. Le premier hiver est particulièrement difficile pour ces pionniers alors que le scorbut décime près de la moitié de la population. Au printemps de 1605, la colonie déménage à Port-Royal, dans l’actuelle vallée d’Annapolis en Nouvelle-Écosse. Ce site devient le premier établissement permanent des Français en Amérique du Nord. C’est le début de l’aventure acadienne. L’Acadie est née sur les bords de la Baie française, connue aujourd’hui comme la baie de Fundy.

L’Acadie d’antan était formée d’immigrants poitevins et angevins auxquels s’ajoutèrent des pêcheurs basques, bretons, et même quelques Écossais. Par le traité d’Utrecht, la France cède l’Acadie, Terre-Neuve et la baie d’Hudson à l’Angleterre en 1713, résultat des guerres que se livraient au XVIIIe siècle ces deux grandes puissances européennes.

Bien que les Acadiens vivent sur les terres de Sa Majesté britannique, la plupart d’entre eux refusent de prêter le serment d’allégeance à la couronne de Londres, malgré de fortes pressions exercées par les Anglais. Au moment de la guerre coloniale, les autorités britanniques décident de déporter la population acadienne vers les colonies anglaises. Entre autres, à l’été de 1755 à Grand-Pré, les familles acadiennes ont été dispersées par le Grand Dérangement, qui a duré jusqu’à la signature du Traité de Paris, en 1763. La France cédait alors à la Grande-Bretagne toutes ses possessions coloniales en Amérique du Nord à l’exception des îles St-Pierre et Miquelon. C’est à partir de ce moment que les autorités britanniques ont permis aux Acadiens de revenir s’installer en petits groupes isolés en Acadie.

Moins de cent ans plus tard, le célèbre poète américain H.W. Longfellow publie le poème Évangéline, qui sera traduit dans plus de 130 langues. Ce poème permettra à des centaines de milliers d’Américains et d’Européens de découvrir la tragique histoire du peuple acadien.

Au XIXe siècle, les Acadiens ont connu une renaissance qui se confirme encore aujourd’hui dans leur volonté de survivance et de préservation de leur patrimoine. Ils se sont dotés d’outils aptes à assurer leur développement éducatif et culturel. En 1864, le Collège Saint-Joseph à Memramcook est fondé et devient le premier établissement d’enseignement supérieur en Acadie. Les Acadiens de la Nouvelle-Écosse suivront cet exemple à la fin du XIXe siècle et ouvriront le Collège Sainte-Anne en 1890, aujourd’hui l’Université Sainte-Anne, à Pointe-de-l’Église. Plusieurs autres collèges classiques ont été « l’alma mater » de plusieurs générations d’Acadiens, particulièrement au Nouveau-Brunswick. En 1963, l’Université de Moncton était constituée et devenait le plus grand établissement d’enseignement supérieur francophone à l’extérieur du Québec, avec des campus à Edmundston, Shippagan et Moncton.

Depuis le Congrès mondial acadien en 1994, les Acadiens du nord et du sud de l’Amérique du Nord portent un intérêt marqué à la généalogie de leurs familles respectives. Plusieurs associations de familles acadiennes ont vu le jour et ont effectué des recherches exhausttives sur leurs origines ancestrales. Entre autres, le Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard et le Centre des archives de Pubnico-Ouest en Nouvelle-Écosse renferment un large éventail de ressources historiques et généalogiques sur les familles acadiennes d’ici et d’ailleurs. L’Université Sainte-Anne et l’Université de Moncton possèdent également un centre d’études acadiennes.

L’Acadie est plus vivante que jamais dans une foule de petites communautés parsemées le long des côtes de l’Atlantique et à l’intérieur des terres. Les Acadiens vivent en petits lots sur l’ensemble du territoire et on conservé la langue de la vieille France. Les nuances des accents sont parfois prononcées d’une région à l’autre, que vous soyez dans la Péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick ou à la baie Ste-Marie en Nouvelle-Écosse. Ces accents d’ici se sont adaptés à leurs milieux et se sont transformés avec le temps au contact d’autres cultures.

L’Acadie moderne regorge de joie de vivre et de créativité artistique. C’est un peuple travailleur, et l’audace de ses entrepreneurs se reflète dans la force de ses institutions, ses entreprises commerciales et ses maisons d’enseignement.

L’Acadie vous attend pour vous manifester sa fière hospitalité, pour vous faire vivre son riche patrimoine, pour partager ses rêves et vous faire apprécier son quotidien.

1755

28 juillet 1755 : date de la signature officielle de la Déportation des Acadiens

C’est à Halifax le 28 juillet 1755 que le conseil de la Nouvelle-Écosse prend la décision d’expulser la population acadienne suite au refus de prêter le serment d’allégeance inconditionnelle à la Couronne britannique.

Sous la pression britannique, près de 12000 Acadiens sont alors déportés en France, en Angleterre et sur la côte est des États-Unis. Des familles sont séparées, leurs biens confisqués, les fermes et les récoltes brûlées… Nombreux sont ceux qui périssent dans cette tragédie.

1847

Saviez-vous que le prénom Évangéline n’existait pas dans la communauté acadienne avant la publication du poème de Lonfellow?

Bien qu’elle soit un personnage fictif, Évangéline est la plus connue des héroïnes acadiennes que la littérature ait produites. Le poème Evangeline: A Tale of Acadia, de l’Américain Henry Wadsworth Longfellow, a été publié en 1847. Il raconte l’histoire d’amour de deux jeunes prétendants, Évangéline et Gabriel, qui ont grandi ensemble dans le village de Grand-Pré. Son courage, ses épreuves et son amour immuable pour Gabriel ont conquis l’admiration et le respect de générations de lecteurs, en Acadie et ailleurs.

1867

8 juillet 1867 : Premier numéro du journal le Moniteur Acadien

Le premier journal de langue française dans les maritimes parut à Shédiac le 8 juillet 1867. Ce journal hebdomadaire de quatre pages, fondé par Israël Landry, reprenait les nouvelles nationales et internationales des autres journaux, mais reposait sur ses bénévoles pour son information locale. Le Moniteur Acadien fut publié jusqu’en 1926 et depuis, une quarantaine de journaux ont vu le jour en Acadie.

1881

Premier congrès national acadien à Memramcook. Les délégués y choisissent le 15 août comme fête nationale des Acadiens. C’est aussi lors de ce congrès que la Société nationale de l’Acadie a vu le jour.

1884

Deuxième congrès national acadien à Miscouche à l’Île-du-Prince-Édouard. Le tricolore étoilé y est choisi comme drapeau national acadien. Il est constitué du tricolore français en guise d’attachement à la mère patrie et orné d’une étoile dorée, figure de Marie, dans la partie bleue. On adopte également l’hymne national l’Ave Maris Stella.

1884

16 août 1884 : Date de la première levée officielle du drapeau acadien.

Lors de la deuxième Convention nationale de Miscouche le 15 août 1884, Monseigneur Marcel-François Richard propose le tricolore français (bleu, blanc et rouge) avec une étoile dorée représentant la Sainte Vierge guidant la colonie acadienne à travers les orages et les écueils. Les déléguées l’adoptent le jour même, et le hissent en face de l’église de Miscouche. L’original fut brodé par Marie Babineau, de Saint-Louis-de-Kent, et il est conservé au Musée acadien de l’Université de Moncton.

1960

12 juillet 1960 : L’honorable Louis Robichaud devient le premier Acadien à être élu Premier ministre du Nouveau-Brunswick

Louis Joseph Robichaud, né à Saint-Antoine au Nouveau-Brunswick, devient le premier Acadien à être élu Premier ministre du Nouveau-Brunswick le 12 juillet 1960.

‘’Plus que tout autre gouvernement dans l’histoire de la province, son gouvernement a été responsable de procurer aux Acadiens et Acadiennes l’égalité de statut et des chances dans la province. Son gouvernement a créé l’Université de Moncton pour assurer l’éducation des Acadiens et Acadiennes et l’épanouissement de leur culture, et il a adopté la Loi sur les langues officielles, qui a fait du français une langue officielle, garantissant ainsi aux Acadiens et Acadiennes l’accès aux services gouvernementaux en français et faisant accroître le nombre d’Acadiennes et d’Acadiens employés dans les services publics de la province.’’
Source: Assemblée législative du Nouveau-Brunswick (tiré le 17 juin 2009)

1963

19 juin 1963 : Fondation de l’Université de Moncton

L’Université de Moncton a été fondée le 19 juin 1963 suite à la recommandation d’une commission d’enquête sur l’enseignement universitaire au Nouveau-Brunswick. Six collèges du Nouveau-Brunswick se sont fusionnés pour créer aujourd’hui trois campus soit Moncton, Edmundston et Shippagan. Cette université francophone accueille plus de 5000 étudiants dans ses trois campus chaque année.

1979

20 novembre 1979 Antonine Maillet fut couronnée du Prix Goncourt

Antonine Maillet, dramaturge et romancière, a reçu le prix Goncourt pour son roman ‘’Pélagie-la-charrette’’ le 20 novembre 1979. Ce prix était remis à une écrivaine hors de France pour la première fois.

Son monde imaginaire est issu de l’environnement, de l’histoire et du peuple de l’Acadie. Ses romans, souvent adaptés au théâtre, réunissent l’aventure, le désir, la frustration, la souffrance et la joie, et redonnent une image plus authentique de l’Acadie d’où ressort une vision épique.

Son œuvre La Sagouine a inspiré la création du Pays de la Sagouine situé dans son village natal de Bouctouche au Nouveau-Brunswick.

1994

Traduction en français de l’Ave Maris Stella

L’Ave Maris Stella comme hymne national acadien fut décidé lors de la Convention nationale acadienne de Miscouche. Toutefois, en 1994, en vue du premier Congrès mondial acadien, un concours invitant la population à composer une version française de cet hymne en latin a couronné le texte de Jacinthe Laforest :

Acadie ma patrie
À ton nom, je me lie
Ma vie, ma foi sont à toi
Tu me protégeras (bis)

Acadie ma patrie
Ma terre et mon défi
De près, de loin tu me tiens
Mon cœur est acadien (bis)

Acadie ma patrie
Ton histoire, je la vis
La fierté, je te la dois
En l’avenir, je crois (bis)

1994

12-22 août 1994 : Premier Congrès mondial acadien
Plus de 300, 000 personnes ont participé premier Congrès mondial acadien dans la région Acadie-Beauséjour (sud-est du Nouveau-Brunswick). Cet immense rassemblement fut proclamé une des activités de la Décennie mondiale du développement culturel (1988-1997) de l’UNESCO.

1995

8 février 1995: Roméo LeBlanc devient le premier Acadien nommé au poste de Gouverneur général du Canada

Le très honorable Roméo LeBlanc est devenu gouverneur général du Canada le 8 février 1995, après une carrière longue et distinguée dans la vie publique. Acadien né en 1927 à Memramcook, au Nouveau-Brunswick, il est devenu le 25e gouverneur général du Canada depuis la Confédération et le premier à être originaire des provinces de l’Atlantique.

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Le Musée acadien de l’Université de Moncton

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